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Reprise des cours

le mardi 15 septembre 2020

 

Inscriptions fabienjolivel@hotmail.fr 

(ou lors du forum des associations à Maromme le 5 septembre ou à la place du cours le mardi 8 septembre)

Le Balintawak :

Nous nous situons clairement dans la lignée de la transmission du Balintawak par le biais des « Groupes » établis par GMaster Atty. Jose Villasin et développés par GMaster Teofilo Velez, mais apprenons rapidement à en sortir en intégrant des éléments techniques de Rad Maningas et de Roberto Abecia qui sont à ce jour nos deux sources d’inspiration en Balintawak.

 

Fabien Jolivel

 

Les modes de transmission du Balintawak :

A l’époque de Venancio «Anciong » Bacon, au sein du « Balintawak Self Defense Club » situé dans l’arrière-cour de son élève Eduardo Baculi, les cours s’effectuaient un pour un, directement entre le maître et l’élève, pendant que les autres élèves assis sur un banc de bambou, observaient, écoutaient les conseils de Bacon.

 

GM Vincente Atillo avec son fils Crispulo Atillo

Tous les deux furent membres du célèbre Balintawak Self Defense Club

 

Formé par le talentueux Lorenzo Saavedra, il semblerait qu’Anciong Bacon ait également appris l’art du « baston y daga ».

 

A cause de nombreux accidents durant les entraînements, la dague lui aurait été retirée et il développa ensuite l’utilisation de la main vide.

 

Le Balintawak n’avait pas une bonne image car les élèves à cette époque avaient une pratique virile et n’avaient pas un très bon contrôle.

 

A la remarque « He, c’est du sang qui coule sur ton visage », la réponse était :

 

« Singot Nimo Dugo »

« Ce n’est pas mon sang, c’est ma sueur »

 

 

 

Le Balintawak Original

 

Le Balintawak Original est définit comme étant le système d’eskrima qu’enseignait Anciong Bacon lorsqu’il avait pris ses distances avec le groupe Doce Pares pour créer son club.

 

A l’époque de Venancio « Anciong » Bacon, un bâton, appelé olosi ou garote en terme local, était remis au nouvel étudiant afin qu’il se protège en utilisant les techniques de son choix, puis on lui enseignait alors les techniques de défense.

 

Anciong Bacon allait directement dans un travail libre. Il essayait d’enseigner aux élèves la continuité du mouvement dans l’hypothèse où la première ou la seconde techniques ne fonctionnait pas.

 

La méthode de formation dans le Balintawak est systématiquement orientée dans la défense, supposant que les adversaires sont habiles dans leur art.

 

Le concept de l’agak est central à la formation en Balintawak. Littéralement, ce mot cebuano (dans la langue de Cebu) signifie « pour guider et aider ». Le meneur attaque l’élève sur différents angles, afin que celui-ci puisse parfaire sa défense. Ensuite le meneur incorpore de nouveaux éléments : saisies, feinte, frappe appuyée ou passante, frappe en punyo (talon du bâton pour les frappes en courte distance) ou en estokada (extrémité du bâton pour des frappes piquées), ou encore frappe du poing ou attaque des jambes, pour que l’élève soit en mesure de s’en défendre. Ainsi, c’est avec cette philosophie que le Balintawak transfère ses connaissances d’Eskrima, à partir du maître vers l’élève.

 

Teodoro "Teddy" Buot (01/07/31 – 04/07/13) a étudié sous Anciong Bacon à partir de 1959 et en 1960 il était déjà son instructeur en chef au sein du club situé Balintawak Street, jusqu’à son départ pour les États-Unis en 1974.

 

Ted Buot

Manong Ted Buot

 

Héritier du style d'Anciong, Teddy était un puriste du style de Balintawak d’Anciong Bacon, et il désapprouvait tout enseignement différent de celui de ce dernier. Il rejetait donc la «méthode des groupes» créée par Jose Villasin, en tant qu’apocryphe non original et s’écartant de l’enseignement de Bacon.

 

 

Le Balintawak avec la méthode des groupes

 

Jose Villasin (5/11/23 – 5/11/88) était un avocat et un dirigeant syndical.

Elève d’Anciong BACON, il a commencé à enseigner le Balintawak en petit comité au sein de son clan familial, puis plus tard  à l’Université des Visayas. Au début, il rencontrait des difficultés dans son enseignement lors de la retransmission des enchaînements effectués par Anciong Bacon.

 

Incapable de reproduire les enchaînements d’Anciong Bacon, Villasin sera le premier à disséquer les mouvements du maître Bacon en mettant sur papier toutes les techniques et variantes que Bacon utilisait dans sa pratique du Balintawak.

 

Jose VillasinJose VILLASIN

 

Avec l’approbation d’Anciong Bacon qui était réticent à ce changement, et aidé par son ami Teofilo Velez,  Villasin a compartimenté les différentes techniques pour les reclasser par thèmes, ce qui donnera naissance au système de groupes.

 

Bien que les puristes n’appréciaient guère cette idée novatrice, les démonstrations effectuées par le groupes de Villasin et Velez étaient plus impressionnantes, attrayantes et moins monotones.

 

L’audience pensait qu’il s’agissait de combats réels tellement les assauts étaient virils.

 

Le Balintawak International Self Defense Club a été créé en 1967 par Jose Villasin et Teofilo Velez, pour y développer le système des groupes.

 

Le Balintawak International Self Defense Club

 

Anciong Bacon, initialement peu enclin à l’ouverture du club de Villasin et Velez, a fini par accepter le fait qu'il s'agissait de ses "enfants", ses fidèles élèves et férus défenseurs du Balintawak.

 

Jose Villasin, Johnny Chiuten, Venancio Bacon, Teofilo Velez

Jose Villasin, Johnny Chiuten, Venancio Bacon, Teofilo Velez

 

 

Le système des groupes constitue la base à partir de laquelle un pratiquant peut développer des mouvements de base, semi-avancés et avancés. Toutes les techniques doivent être démontrées avec puissance, contrôle et mécanique du corps.

 

L’étudiant apprenait les 12 attaques de base avec un positionnement correct des jambes. Puis, c’était au tour des 12 défenses de base.

 

Ensuite, l’agak devient plus sérieux lors de l’apprentissage des groupes. L’instructeur augmente sa vitesse et sa puissance pour que les réflexes de l’étudiant deviennent naturels.

 

Il existe 5 groupes:

 

  • Le premier apprend à l’étudiant à utiliser sa main gauche, pour saisir, soulever ou contrôler.
  • Le deuxième groupe est sur le travail du punio, avec un certain mouvement de corps.
  • Le troisième travaille des tochadas, dungas, des poussées.
  • Le quatrième groupe étudie des attaques en abanico. L’étudiant apprend à pencher et tordre son corps pour éviter et bloquer les attaques.
  • Le cinquième et dernier groupe étudie les « emprisonnements », les frappes de poing, familiarisant l’étudiant aux pièges.

 

Pendant sa progression, l’élève devra cultiver une certaine fluidité de mouvement, lui permettant de bloquer ou annuler les attaques de ses adversaires.

 

Teofilo "Pilo" Velez (17/12/18 – 17/02/89) a été introduit dans le monde du Balintawak par son ami Jose Villasin en 1963. Il a appris de ce dernier mais aussi directement du fondateur Anciong Bacon.

Avec ses 3 fils (Chito, Eddie et Monie), il a su rendre le Balintawak plus attrayant, avec des démonstrations poussées dans leur réalisme, souvent brutales et sanglantes pour ses partenaires. Cela lui a permis de rapidement grossir ses rangs avec de nouveaux élèves désireux d’intégrer son club.

 

Teofilo "Pilo" Velez

Teofilo "Pilo" Velez

 

Velez est toujours décrit par ses élèves comme un très bon professeur. Il a œuvré ardemment à la promotion du Balintawak Eskrima.

 

Velez était l'homme de relations publiques du Balintawak. - Aimable avec des amis mais féroce dans la défense de Balintawak.

 

Les entraînements chez Velez, étaient parfois aussi à chaque événement social où après avoir mangé, ri et bu copieusement, les intéressés racontaient des histoires et taquineries. Les jeunes se vantaient de leurs derniers  faits d’armes lors d’un échange appuyé ou d’une rixe.

 

Teofilo Velez et son élève Bobby Taboada

Teofilo Velez avec son élève Bobby Taboada

 

C’est aussi à ces moments de rencontres que les jeunes recrues étaient testées. Les fauteurs de troubles et les personnes arrogantes étaient rapidement remis à leur place lors d’un échange apparemment jovial mais où la vitesse et l’intensité s’amplifiait rapidement pour finalement punir l’intéressé en le frappant sur les articulations des doigts, en le balayant pour l’humilier. A l’issue de cet échange, soit le nouveau avait compris en changeant d’attitude, soit il était aussitôt expulsé du club.

 

Si un étudiant intégrait le groupe, il était préférable pour lui de ne pas constituer une menace pour les instructeurs subalternes. C'était mieux de prendre la position d'un étudiant humble, doux et désireux d'apprendre, respectant ses aînés et le maître.

Le jour où un étudiant affirme sa supériorité au-dessus d'un senior, c'est le jour où il doit être capable de défendre son art dans l'arène. S'il gagne, il serait plus élevé dans l'ordre hiérarchique et aurait gagné sa place. Dans le cas contraire, il serait remercié par le maître après avoir été corrigé par le sénior.

 

Suite à des différends, Jose Villasin et Teofilo Velez se séparent pour créer leur propre organisation, néanmoins toujours sous la même bannière du Balintawak.

 

Jose Villasin a créé le Balintawak Arnis Academy en 1970 avec l’aide de son fils Ver Villasin. Malheureusement peu d’élèves qualifiés reprendront la relève dans ce groupe.

 

Teofilo Velez, quant à lui, continuera d’enseigner à ses 3 fils et ses nombreux élèves.

 

Le 12 avril 1982, il réunira ses meilleurs élèves et les plus loyaux lors de la création de son nouveau club Teovel’s Balintawak Group. Il nommera au rang de Master 12 de ses élèves en leur demandant d’ouvrir chacun un club de Balintawak dans leur secteur respectif, et la promesse d’accueillir toutes personnes souhaitant apprendre cet art, sans aucune restriction technique.

 

 

Teofilo Velez promeut le Balintawak avec son nouveau club Teovel Balintawak Group

Teofilo Velez promeut le Balintawak avec son nouveau club

Teovel Balintawak Group

 

 

Teofilo Velez aura d’avantage de succès dans la promotion du Balintawak que son homologue Jose Villasin. En effet, épaulé par ses  trois fils déjà hautement aguerris, la plupart des combattants du club initial le suivront, dont Bobby Taboada et Nick Elizar. Ainsi il pourra se déplacer sur différentes parties des Philippines pour promouvoir et former de nouveaux instructeurs en Balintawak.

 

 

Teofilo Velez entouré de certains de ses instructeursTeofilo Velez entouré de certains de ses instructeurs

 

Certains maîtres, initialement formés avec la méthode des groupes de Jose Villasin et Teofilo Velez ont développé ensuite d’autres types d’enchaînements codifiés avec de nouveaux mouvements.

 

Nicomedes Nick Elizar, l’un des 12 instructeurs nommés par Teofilo Velez, ajoutera par exemple 2 groupes supplémentaires dans son cursus:

 

  • Le groupe 6 avec les coups de coudes et coups de tête
  • Le groupe 7 avec les coups de pieds, genoux, balayages, renversements

 

D’autres encore, décideront de créer leurs propres enchaînements en mettant de côté l’utilisation des groupes originaux. Ces enchaînements, que l’on peut qualifier de nouveaux groupes, restent néanmoins des phases codifiées.

 

Enfin, d’autres utilisent l’apprentissage des groupes originaux comme la base de leur progression technique et intègrent leurs propres enchaînements pour les niveaux plus avancés.

De cette manière, la transmission des groupes perdure dans la promotion du Balintawak Eskrima.

 

C’est le cas par exemple de Roberto Abecia (né le 30/04/54) qui poursuit sa pratique à Cagayan de Oro dans la partie sud est des Philippines, dans la région de Mindanao

 

Roberto AbeciaMaster Roberto Abecia

 

 

Ces nouveaux enchaînements, correspondent à de nouvelles situations, avec de nouvelles réactions de contre et font que le Balintawak évolue et devient parfois plus complexe au grand dam des puristes de la lignée originale de Bacon.

 

 

Aujourd'hui, aux Philippines comme à l’étranger, plusieurs groupes de Balintawak existent. Ils enseignent différentes versions du système. La plupart des instructeurs utilisent la « méthode des groupes" pour enseigner les techniques du Balintawak. Cela est probablement du au grand travail de promotion effectué par Jose Villasin et Teofilo Velez, puis de leurs élèves.

 

L’ajout de nouvelles variantes avec un apport technique est assez fréquent et dépend de l’interprétation que l’instructeur fera des groupes et de leurs applications dans un cadre martial.

 

Plus rarement, certains essaient de continuer à enseigner de la manière traditionnelle,comme Bacon le faisait. Mais Anciong Bacon,  tout comme Ted Buot et leurs élèves de cette époque n’ayant pas eu le souhait de développer et de grossir leurs rangs, la transmission originale n’a pas pu s’effectuer considérablement, laissant de nombreux eskrimadors talentueux partir avec leurs connaissances de l’art.

 

Fabien Jolivel