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Reprise des cours

le mardi 15 septembre 2020

 

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(ou lors du forum des associations à Maromme le 5 septembre ou à la place du cours le mardi 8 septembre)

Le Balintawak

01/18/2020

Le Balintawak

L'histoire du fondateur du Balintawak Eskrima

Venancio “Anciong” BACON

(12/11/12-01/11/80)

Le Balintawak Eskrima

 

 

 

Le fondateur du Balintawak Eskrima

Venancio “Anciong” BACON

(12/11/12-01/11/80)

 

Au dĂ©but des annĂ©es 1900, les espagnols venaient juste de quitter les Philippines, après plus de 300 annĂ©es d’autoritĂ©. A leur place, sont venus les amĂ©ricains. L'Ă©lite d'avant-garde de Cebu parlait toujours l'espagnol, tandis que les amĂ©ricains ont commencĂ© "Ă  pacifier" et Ă  enseigner leur langue et leur culture au reste des Philippines. C’est Ă  cette Ă©poque que Venancio « Anciong Â» BACON est nĂ©, en 1912, dans une nation aux milieux des changements et des bouleversements. Il est nĂ© dans le quartier Carcar Ă  Cebu (mais a grandi Ă  San Nicolas, Ă  l'extĂ©rieur de Cebu), qui Ă©tait Ă  ce moment-lĂ  peuplĂ© par la classe supĂ©rieure de Cebu. Cette classe d'Ă©lite Ă©tait composĂ©e d’europĂ©ens, d’amĂ©ricains, de chinois et de mĂ©tis philippins. Au contraire, San Nicolas Ă©tait composĂ© de cebuanos locaux et d'immigrants des villes voisines, ou d'autres Ă®les des Visayas. Les gens qui y vivaient Ă©taient des fermiers, des charpentiers, des pĂŞcheurs, des paysans et les serviteurs pour la ville de la classe supĂ©rieure de Cebu.

Venancio Bacon, communĂ©ment surnommĂ© « Anciong Â» a commencĂ© Ă  recevoir une formation dans l'art d'Eskrima dans les annĂ©es 1920. Son seul enseignant Ă©tait Lorenzo "Ensong" SAAVEDRA, de San Nicolas, qui avait Ă  cette Ă©poque Ă©tabli le cĂ©lèbre « Labangon Fencing Club Â». Ă€ ce moment, alors que beaucoup de styles diffĂ©rents d'Eskrima abondèrent, Lorenzo SAAVEDRA a appelĂ© le sien « Corto Linear Â», bien que cela soit utilisĂ© pour nommer d'autres styles. Ses meilleurs Ă©tudiants Ă©taient Teodoro "Doring" SAAVEDRA, son neveu, et Venancio « Anciong Â» BACON. Les deux Ă©taient aussi des amis très proches. Tous deux Ă©taient de grands eskrimadors, amĂ©liorant les habiletĂ©s de chacun et rĂ©pondant aux dĂ©fis qui sont venus suite Ă  leurrĂ©putation.

Lorenzo Saavedra                           Teodoro “Doring” Saavedra

Lorenzo « Ensong Â» SAAVEDRA                    Teodoro “Doring” SAAVEDRA

Membres du Labangonfencing Club 

Membres du Labangon Fencing Club.

Au 1er rang, assis au centre, Eulogio CANETE, en pantalon noir Lorenzo SAAVEDRA.

Au 2ème rang sur la gauche en veste foncé, Teodoro SAAVEDRA

 

Le « Labangon Fencing Club » fut finalement dissous et tomba dans oubli, en laissant place à une nouvelle organisation née de ses cendres.

En 1932, le « Doce Pares Club Â» a Ă©tĂ© formĂ©. DirigĂ© par Lorenzo SAAVEDRA, le club a Ă©tĂ© composĂ© de trois eskrimadors de la famille SAAVEDRA et neuf de la famille CANETE. Ce groupe de 12 personnes Ă  l'origine du club a ensuite Ă©tĂ© rejoint par 12 autres personnes, portant ainsi le nombre Ă  24 ou 12 paires. Le nom de « Doce Pares Â» qui signifie douze paires en espagnol a Ă©tĂ© adoptĂ© en rĂ©fĂ©rence Ă  la cĂ©lèbre armĂ©e de Charlemagne composĂ©e de douze fines lames.

Venancio « Anciong Â» BACON Ă©tait parmi les vingt-quatre premiers.

La deuxième guerre mondiale a éclaté dans les années 1940. Avec le début de l'occupation japonaise, beaucoup d'eskrimadors sont devenus des combattants, des guérilleros, et emploieront leur art pour la défense de leur nation. C’est à cette époque que, Teodoro SAAVEDRA est mort aux mains de bourreaux japonais du kenpeitai (police militaire de l’armée impériale japonaise), alors que Lorenzo SAAVEDRA décédait de mort naturelle en 1945.


Après la guerre, le groupe se rĂ©unit de nouveau. On y trouve Felimon CANETE, Jesus CUI (spĂ©cialiste du couteau), Venancio « Anciong Â» BACON, Ciriaco « Cacoy Â» CANETE, Delfin LOPEZ, Timoteo MARANGA, Maximo CANETE, Vicente CARIN, Lorenzo LASOLA et Artemio PAEZ.

D’autres experts rejoindront également le club Doce Pares.

En 1951 des dĂ©saccords apparaissent et une grande rivalitĂ© entre Venancio « Anciong Â» BACON et Ciriaco « Cacoy Â» CANETE explose.

En 1952, accompagnĂ© de quelques eskrimadors reconnus, Venancio « Anciong Â» BACON a crĂ©Ă© le nouveau club « Balintawak Self Defense Club Â».

 

Balintawak Self Defense Club - 1952

Balintawak Self Defense Club - 1952
Quelques légendes du Balintawak

1. Delfin Lopez
2. Venancio "Anciong" Bacon
3. Major Timoteo Maranga
4. Vicente Atillo

Le club nouvellement formĂ© a commencĂ© Ă  s’entrainer dans l'arrière-cour d'un magasin de montre appartenant Ă  Eduardo BACULI, un des Ă©tudiants de Venancio « Anciong Â» BACON. Ce magasin Ă©tait localisĂ© dans une petite rue transversale appelĂ©e Balintawak Street. Ainsi, depuis ce jour le mot Balintawak serait pour toujours indissociable du nom Venancio « Anciong Â» BACON et du style d'Eskrima qui a prouvĂ© son efficacitĂ© Ă  de multiples reprises.

Balintawak Street

Venancio « Anciong Â» BACON Ă©tait un homme très modeste. Il Ă©tait un vĂ©tĂ©ran de beaucoup de combats mortels dans Cebu. Il Ă©tait connu pour ĂŞtre très prĂ©cis avec un bâton, capable d'employer une force variable sur des cibles prĂ©cises sur le corps de son adversaire.

Mais, sa qualité la plus grande et son atout étaient son désir constant d'innover et d'améliorer son art, développant continuellement des techniques pendant des années et ne cessant jamais dans cette voie. Il a appris son art à ceux qui ont désiré l'apprendre.

De nombreux eskrimadors reconnus ont voulu tester l’habilité au combat d’Anciong Bacon. Malgré sa frêle silhouette et sans utiliser de force, il les faisait abdiquer après les avoir désarmé ou sous la pluie de coups de bâton. Bien souvent, ces derniers deviendront ses élèves les plus loyaux.

Contrairement au standard de l’époque qui utilisait simultanément deux armes (2 bâtons, ou 1 bâton et 1 couteau), Anciong BACON s’est distingué en préférant l’utilisation du simple bâton, développant ainsi le travail de la main vide. Cela a d’abord été ridiculisé par ses détracteurs puisque l’utilisation de deux armes simultanément, notamment du double bâton, était la norme. Depuis, il a largement été imité et copié par les clubs rivaux antan.

Anciong détestait le tournoiement fantaisiste du bâton, empreinte des clubs rivaux, qu’il estimait peu pratique en combat réel.
Il est dit également qu’Anciong ne savait pas effectuer un Amara (sorte de shadowboxing avec l’utilisation du bâton pour enchainer des frappes dans le vide).

Les annĂ©es 1950 et les annĂ©es 1960 ont vu "l'Ă‚ge D'or" de l’Eskrima Ă  Cebu. Des eskrimadors de divers camps, principalement entre certaines personnalitĂ©s du « Doce Pares Â» et du « Balintawak Â», se testèrent lors de dĂ©fis. Certains aboutissaient Ă  des blessures et d’autres parfois Ă  la mort. D’autres Ă©taient dans des circonstances honorables, tandis que d'autres dĂ©loyaux. Anciong BACON a Ă©tĂ© pris en embuscade dans l'obscuritĂ© en marchant vers sa maison Ă  Labangon. Il a tuĂ© son assaillant et a Ă©tĂ© jugĂ© et emprisonnĂ©. Le juge ayant statuĂ© que ses compĂ©tences en arts martiaux pourraient ĂŞtre considĂ©rĂ©es comme une arme mortelle et aurait dĂ» ĂŞtre utilisĂ©e avec retenue.

Le Club a rarement été visité par des étrangers ou étudiants d’autres arts martiaux ou par des membres de clubs rivaux. Toute présence était traitée comme un cas d’espionnage flagrant ou de défis au club. Cela aboutissait souvent à de sérieux défis et à des bagarres.

C’est dans ces circonstances que les légendes se sont construites et les habiletés ont été évaluées. Les survivants de cette période ont gagné leur place dans l'histoire de l’Eskrima.

Ising Attilo (Balintawak)Combat contreversé Ising Attilo (Balintawak) / Cacoy Canete (Doce Pares)Cacoy Canete (Doce Pares)

Le journal met à la une un des combats controversé entre le jeune Ising ATILLO du Balintawak

et la légende Cacoy CANETE du Doce Pares

Ancoing Bacon a été mis en liberté conditionnelle au milieu des années 1970.

Il était dans une situation financière précaire et ses anciens élèves n’hésitaient pas à lui envoyer quelques élèves avancés pour effectuer quelques cours privés, afin de l’aider financièrement.

Il n'a pas repris la direction d’un club, mais a régulièrement rendu visite et a assisté à des entraînements de ses différents élèves, s'assurant de la qualité du Balintawak.

C'était là qu’Anciong BACON a vu un aperçu de la génération suivante des combattants de Balintawak. Il savait que ses vieux étudiants, Arnulfo MONGCAL, Jose VILLASIN, Teodoro BUOT, Teofilo VELEZ et quelques autres continueraient à perpétuer le nom Balintawak et produiraient de formidables eskrimadors pour les années à venir.

Venancio « Anciong » BACON

http://kalieskrima.free.fr/histoire%20du%20balintawak_fichiers/image019.jpg

1976 Fort de San Pedro Ă  Cebu City - Philippines

 

Jusqu’à sa mort, ce petit homme Ă©tait connu pour humilier les jeunes, forts et irrespectueux karatekas, ou autres pratiquants d’arts martiaux.  Son talent Ă©tait estimĂ©, admirĂ© et mĂŞme romancĂ© et embelli par ses Ă©tudiants et ses admirateurs. Il Ă©tait un prodige et un maĂ®tre de son art e a gagnĂ© le respect et l’admiration de ses amis et Ă©galement de ses ennemis.

 

Quelques annĂ©es après, Venancio « Anciong Â» BACON est mort, laissant derrière lui un hĂ©ritage maintenant connu dans le monde entier comme le Balintawak.

 

 

Venancio « Anciong » BACON  

Le Baraw Sugbo